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Le blog de fonctionnairemalgremoi

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Après la sortie du livre"fonctionnaire malgré moi" ce blog est maintenu pour permettre l'expression des fonctionnaires sur l'évolution du service public tel qu'ils le ressentent...


L’HYPER POUVOIR DES ELUS LOCAUX

Publié par fonctionnairemalgremoi sur 24 Février 2015, 18:58pm

L’HYPER POUVOIR DES ELUS LOCAUX

L’une des difficultés de fonctionnement de nos institutions est la place prépondérante prise par les élus dans notre société.

Comme la photo l’illustre bien, nos chers élus sont mécontents lorsque on s’en prend à leurs prérogatives territoriales, ici à propos des régions.

Au nom d’une démocratie représentative, notre système d’expression et de décisions collectives est totalement guidé par des personnages politiques.

Certes, il faut bien que notre société fonctionne avec un système dit « démocratique » et élu au suffrage universel, mais qu’en est-il réellement ?

L’un des problèmes du système des élus locaux par exemple réside dans le fait qu’il n’y a pas de contre-pouvoirs. IL y a une assemblée élue par les citoyens, enfin les personnes électeurs qui se déplacent qui ont voté pour eux (ce qui fait une très grande minorité de la population en vérité), et qui élisent à leur tour, en leur sein (là ça devient moins démocratique puisque c’est le peuple représenté par une faible minorité qui vote) leur propre pourvoir exécutif (c’est-à-dire le Maire ou le Président et leurs adjoints) pour toutes nos administrations locales.

Ce pouvoir exécutif local n’est donc pas légitime puisque il n’est ni élu par le peuple au suffrage universel direct, ni désigné au nom d’une qualification ou d’un titre reconnu (exemple un diplôme ou un concours). Ce sont pourtan eux qui en réalité DECIDENT !

Eh oui, au passage, le pouvoir de l’assemblée délibérante, avec une représentation de l’opposition de pure forme, n’a plus qu’à obéir aux instructions de leur chef, y compris l’ensemble du personnel qui en dépend.

Ces pleins pouvoirs ont été considérablement augmentés depuis les Lois de Gaston Defferre en 1983-84 dans le cadre de la décentralisation des pouvoirs de l’Etat, et pour cause ! Les élus réclament depuis des lustres leur « indépendance » vis-à-vis du pouvoir central et ils les obtiennent grâce à la complicité des énarques installés à la DGCL –Direction générale des collectivités locales en relation directe avec les associations des élus locaux (hé oui, ils ont aussi leurs syndicats !).

D’où tirent-ils leur légitimité ? De la révolution française ? Non ! Ce fut après avec la Loi Municipale de 1884 pour les communes et bien plus tard pour les autres (départements, régions…).Mais savent-ils que nous sommes en 2015 et que peut-être les attentes des citoyens ne sont plus les mêmes qu’à cette époque ? Savent-ils que les français n’ont pas besoin qu’on décide toujours à leur place, sans leur demander leur avis ?

Bref, que dire de tout cela si ce n’est qu’à ce jour le désamour des français vis-à-vis des partis politiques en général est sans doute lié à tous ces systèmes de pouvoirs, amplifiés par ailleurs par les trop nombreuses affaires médiatisées.

Tous les 6 ans, nous sommes consultés sur un programme de 2 pages (payés par le contribuable) dont un pourcentage plus ou moins important n’est jamais réalisé tandis que 96% des décisions locales durant le mandat n’ont jamais été débattues avec les gens (malgré l’existence des référendums locaux !).

Aujourd’hui on nous agite le chiffon rouge du FN pour les prochaines cantonales comme une crainte avec leur 30% et pas un mot sur les 55% d’abstention prévus dans les statistiques !

Finalement, après avoir servi la Nation sous les drapeaux durant 1 an, puis plus de 30 ans en qualité de fonctionnaire, j’estime avoir le droit de rejoindre les 55% d’abstention, puisque il n’y a rien en face.

Je bougerai lorsque je verrais un groupe de personnes recommandables et provenant de la société civile, ayant des bagages et de l’intelligence et qui oseront annoncer une réforme totale de notre système de répartition des pouvoirs.

Il faut faire place à la compétence et à l’intelligence pour un nouveau système de gouvernance.

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Fonctionnaire 14/03/2015 13:56

Le seul contre pouvoir existant sont les services, garants de la continuité du service public.
Fainéants ou nantis aux yeux des administrés, empêcheurs de tourner en rond pour certains élus.

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